A propos

A ma naissance se dressait un rideau de fer.

Je suis une enfant de l’Est attirée par l’autre côté du continent.

Je me souviens de cette époque, à la fin des années soixante-dix dans l’atelier Skrzypinski, où j’ai commencé à reconnaître, dans ma peinture, les brumes d’hiver et les aurores sur la neige, allant de la mer Baltique à la chaîne des Carpates, qui défilaient quand je fermais les yeux.

Je cherchais à rassembler les morceaux épars de ma conscience et de mes sens, à exprimer le sentiment d’une femme qui veut embrasser le monde les yeux ouverts.

– De l’autre côté.

Ce fut le bonheur de pouvoir observer à l’air libre ce monde secret.

Je n’oubliais pas ce que signifiait aussi l’exil, et que si c’était le destin de beaucoup, les mariages de cultures, ça voulait dire aussi nostalgie de la terre, de l’enfance, la séparation, la patience d’apprendre à nouveau, de comprendre les malentendus, de se transformer, d’aimer et bien sûr le pari immense de réussir à être heureuse loin de chez soi.

Mon atelier, c’est mon univers, le reflet de ma vie. Parfois, j’ai besoin de cette solitude secrète pour créer; puis j’ai le désir de musique, de célébrer l’esprit d’évasion en hommage aux damnés du siècle dernier, qui choisissaient la liberté.

 

Ona

Née en Pologne, Bogda est depuis toujours passionnée par la peinture. Etant petite, elle reproduisait les plus jolis dessins qu’elle trouvait dans les livres pour enfant. Possédant un don naturel, elle développa très jeune, une passion pour l’art.

Cherchant sans cesse à parfaire son talent, elle fréquente, durant cinq ans l’Atelier du peintre Stanisław Skrzypiński. Elle ne manque pas d’étoffer son inspiration d’artistes tels que Juliusz et Wojciech Kossak, véritables modèles en matière de peinture d’art équestre. Enthousiasmée, elle travaille alors intensément, expose, se fait connaître et reçoit différents prix.

En 1980, à cause d’une année de crise économique et sociale grave en Pologne, elle s’enfuit avec sa famille vers la France et trouve refuge auprès de proches déjà installés.

A son arrivée, son art lui permet d’appréhender le quotidien d’une manière plus intérieure, d’où une période où domine l’inspiration religieuse. Parallèlement, elle est attirée par le type méditerranéen qu’elle découvre (d’où les tableaux « Jeune Bédouine » et « Vieillard Hébreux »).

En 1987, après un passage à l’atelier de sculpture des Beaux Arts de Grenoble, elle se lance dans les créations à l’argile mais revient en fin de compte au pinceau. Elle choisit alors délibérément les deux dominantes de ses créations : les portraits et surtout l’animal, en l’occurrence le cheval. On y retrouve ces races de chevaux robustes, fidèles compagnons du paysan polonais.

La vigueur du trait et la richesse des couleurs dominent dans son œuvre, même si un fond de neige est souvent présent. Classique, sans aucun maniérisme, elle essaie de toucher la sensibilité de tous.

Bogda est aussi animatrice d’activités manuelles et artistiques pour de jeunes enfants. En créant des personnages de fable, elle rêve avec eux et leur permet de prendre conscience de leurs capacités.

En privée, elle réalise ses peintures dans le secret de son atelier de Saint Etienne de Saint Geoirs, puisant son inspiration dans la lecture, la musique et ses origines slaves.