J’imagine

A ma naissance se dressait un rideau de fer.

Je suis une enfant de l’Est attirée par l’autre côté du continent.

Je me souviens de cette époque, à la fin des années soixante-dix dans l’atelier Skrzypinski, où j’ai commencé à reconnaître, dans ma peinture, les brumes d’hiver et les aurores sur la neige, allant de la mer Baltique à la chaîne des Carpates, qui défilaient quand je fermais les yeux.

Je cherchais à rassembler les morceaux épars de ma conscience et de mes sens, à exprimer le sentiment d’une femme qui veut embrasser le monde les yeux ouverts.

– De l’autre côté.

Ce fut le bonheur de pouvoir observer à l’air libre ce monde secret.

Je n’oubliais pas ce que signifiait aussi l’exil, et que si c’était le destin de beaucoup, les mariages de cultures, ça voulait dire aussi nostalgie de la terre, de l’enfance, la séparation, la patience d’apprendre à nouveau, de comprendre les malentendus, de se transformer, d’aimer et bien sûr le pari immense de réussir à être heureuse loin de chez soi.

Mon atelier, c’est mon univers, le reflet de ma vie. Parfois, j’ai besoin de cette solitude secrète pour créer; puis j’ai le désir de musique, de célébrer l’esprit d’évasion en hommage aux damnés du siècle dernier, qui choisissaient la liberté.

 

Article dauphiné bogdabogda artiste

Deux musiciens pour un concert en aparté-1 - copie

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